Québec
Le 23/07/2016
Tous les québécois sont des immigrants ; la preuve par l’histoire
Québec
La plupart des intervenants qui se sont succédés à la table ronde organisée par Dar Al Maghreb, le 22 juillet 2016, se sont accordés à dire que « tous les Québécois sont des immigrants ; seule la date d’arrivée change.»

Le présent article vous propose de parcourir l’histoire de l’immigration au Québec.
À la fin, vous en sortirez avec la même conviction : « Nous sommes tous des immigrants »
Ce document est à lire, à conserver et à faire à vos enfants et petits enfants car il « n’y a pas de vérité que le temps ne révèle ».

 

 
1- L’immigration française (1608-1760)

 

Lorsque l’explorateur français Samuel De Champlain arrive, en 1608, au Québec, le territoire est occupé par environ 60.000 autochtones.
La France, malgré trois expéditions, entre 1534 et 1542, de Jacques Cartier, ne fondera un établissement permanent au Québec qu’en 1608.
La lenteur du peuplement de la région par l’immigration va pousser l’intendant de la Nouvelle-France, Jean Talon à adopter un plan systématique de peuplement comportant un ensemble de mesures incitatives, entre 1665 et 1672. Il impose notamment : un don de terre sous forme de récompense du Roi aux jeunes ménages. Il fait venir les «filles du Roy», des jeunes filles orphelines et pauvres, pour les marier aux colons mâles. Il impose des taxes sévères aux colons qui ne marient pas leurs filles. Il favorise le métissage. Les résultats ne se font pas attendre : les habitants du Québec passent de 3.000 en 1663 à 12.000 en 1685.
Durant cette période, l’immigration est essentiellement française.
La grande majorité des canadiens français d’aujourd’hui sont des descendants de ces immigrants venus de France.

 

 
2- La conquête anglaise et «la revanche des berceaux» (1760-1867)

 

En 1760, la Nouvelle-France est conquise par la Grande-Bretagne ; ce qui met fin à l’immigration française ; celle-ci est remplacée par une immigration venant du Royaume Unis.
Pour essayer de concilier les deux cultures (française et britannique), le gouvernement adoptera d’abord la constitution de 1763 (le cumul des pouvoirs par le Gouverneur et abolition des lois d’origine française) puis celle de 1774 (rétablissement officiel de la langue, de la religion et des lois civiles des anciens sujets français).
Entretemps, en réaction au colonialisme anglais, les habitants d’origine française se replient sur la religion et la vie rurale tout en engendrant une nombreuse progéniture ; c’est ce qu’on a appelé «la revanche des berceaux».
En parallèle, vers 1780, l’immigration reprend suite à l’indépendance des Etats-Unis (1776) grâce aux loyalistes (qui ont soutenu l’Angleterre contre les Américains) qui émigrent vers le Nord, en Ontario, en Nouvelle-Ecosse et au Québec, pour fuir d’éventuelles représailles.
Dés le début du 19 eme siècle, les immigrants de l’Angleterre, de l’Ecosse et de l’Irlande traversent massivement l’Atlantique, fuyant les situations économiques, sociales et politiques précaires de leurs pays.
Entre la conquête (1760) et la confédération (1867), pratiquement plus d’un million d’habitants se sont installés au Canada. Pourtant, l’effectif de la population est resté stable car les arrivées britanniques n’ont servi qu’à compenser les départs vers la France.

 

 
3- L’immigration irlandaise (1840-1860)

 

La grande famine qu’a connue l’Irlande en 1840 pousse hors du pays environ deux millions de personnes dont des centaines de milliers s’installent en Amérique du Nord.
C’est ainsi que «les Irlandais de la famine» ont fourni de la main d’œuvre bon marché au Canada qui a pu alimenter sa croissance économique de 1850 à 1860. Leur folklore et leurs traditions ont contribué à enrichir la mosaïque de la diversité culturelle du Canada.
Bien qu’anglophones, les Irlandais ne vouent aucune fidélité ni loyauté envers la couronne britannique.

 

 
4- Les tentatives d’assimilation et la naissance du nationalisme québécois

 

Dés le début du XIX éme siècle, la situation se détériore au Bas-Canada. La crise agricole en Angleterre coïncide avec l’éveil du nationalisme Canadien-Français. C’est ainsi qu’en 1838-1839, des rebellions éclatent au Québec ; elles sont menées par le parti Patriote.
Le gouvernement anglais réagit, dés 1839, en créant une commission d’enquête sur les causes de la rébellion. Le rapport de Lord Durham aboutit à l’acte d’union de 1840 qui visait à assimiler la population d’origine française en fusion le Bas et le Haut Canada. A l’époque, le Haut Canada compte 450.000 habitants d’origine britannique et 650.000 d’origine Française.
Les Canadiens-Français réagissent à cette tentative d’assimilation en se recroquevillant sur eux-mêmes, en se consacrant à la terre tout en faisant de plus en plus d’enfants.

 

 
5- La première loi sur l’immigration (1869)

 

En 1867, date de naissance de la confédération, la population du Canada atteint 3.5 millions d’habitants dont un peu plus d’un million sont originaires de France. Les Irlandais sont environ 846.000, les écossais 550.000 tandis que les autres origines ne constituent que 12 % de la population totale, soit 400.000 individus.
Deux ans plus tard, le gouvernement fédéral adopte une politique d’immigration. Il vote une loi qui officialise le partage de responsabilités entre le provincial et le fédéral en matière d’immigration.

 

 
6- La période des «peaux de moutons à Sifton»

 

En 1896, Clifford Sifton, ministre de l’intérieur dans le gouvernement Laurier, décide de faire venir au Québec les paysans pauvres de l’Est de l’Europe et des membres des sectes religieuses opprimées. C’est l’époque des «peaux de moutons à Sifton» en référence aux paysans pauvres et aux bergers d’Ukraine et de Pologne. En 10 ans, 75.000 Ukrainiens s’installent dans les Prairies mais ils sont mal accueillis à l’instar des chinois et des indiens qui sont, pourtant, des citoyens britanniques.
En fait, le gouvernement adopte une politique d’immigration préférentielle et restrictive pour donner la priorité aux citoyens blancs, originaires de l’empire britannique et de l’Europe du Nord. Une loi, en 1910, par sa grande latitude d’interprétation, permettait aux agents d’immigration de rejeter les candidatures asiatiques ou africaines, par exemple.

 

 
7- La croissance démographique (1900-1930)

 

La croissance démographique, entre 1900 et 1930, est spectaculaire : la population du Québec passe de 1.5 millions d’habitants à 3 millions, soit une progression de 2.3 % par année. Cette croissance est due à une forte natalité. Mais, malgré cela, le bilan migratoire reste négatif car l’émigration vers les Etats-Unis est considérable jusqu’à la crise de 1929, date à laquelle les Américains décident de fermer leurs frontières.
Durant cette période, de nombreux juifs ont opté pour le Québec ; leur nombre est ainsi passé, à Montréal, de 2473 en 1891 à 28.807 en 1911.
En 1926, l’introduction de la loi sur le parrainage favorise le regroupement familial.
Avec la crise de 1929, le Québec entre dans une récession économique et sociale qui durera 10 ans. Durant cette période, l’immigration atteindra son niveau le plus bas.

 

 
8- La diversification des sources d’immigration après la guerre (1945-1960)

 

La prospérité de l’après-guerre encourage les québécois à demeurer au Québec et favorisera l’immigration. Entre 1945 et 1960, le tiers des immigrants proviennent de la Méditerranée notamment d’Italie, de Grèce et du Portugal.
Alors que le Québec recevait 10.000 immigrants en moyenne par an, à compter de 1945, cette moyenne va passer à 20.00 voire 30.000.
Cette période connait une grande diversification des sources d’immigration.

 

 
L’accueil des réfugiés

 

Dans un premier temps, un grand nombre de réfugiés d’Europe arrivent au Canada. Parmi eux, certains n’ont plus de pays, d’autres ne peuvent plus y retourner ; ce sont des Polonais, des Ukrainiens, des Tchèques, des Hongrois, etc.
En même temps, des milliers de britanniques quittent leur pays dévasté tandis que de nombreux Français, Hollandais, Allemands, Grecs ou Portugais cherchent à émigrer en Amérique du Nord pour les vastes espaces et parce que ce continent n’a pas été touché par la guerre.

 

 
9- La réglementation de l’immigration

 

A partir de 1968, l’immigration est réglementée ; une loi impose 4 éléments nouveaux :
 L’élimination de la discrimination sur la race ou la nationalité d’origine ;
 L’adoption d’un système de points pour évaluer les critères d’admissibilité des candidats-immigrants ;
 La création d’une classe nouvelle : la famille étendue ;
 Facilitation des démarches pour les visiteurs désireux d’immigrer.

C’est ainsi qu’entre 1945 et 1970, 2.7 millions de personnes ont émigré au Canada.

En 1974-1976, le nombre d’immigrants commence à augmenter ; ils viennent surtout de l’Inde, du Sri-Lanka, de Haiti et d’Amérique du Nord.
Mais une nouvelle loi, en 1978, va atténuer l’arrivée massive d’immigrants. Cette loi :
 Permet au parlement de fixer un quota annuel en fonction de la conjoncture économique et après consultation des provinces ;
 Interdit désormais aux visiteurs de devenir immigrant ;
 Reconnait les responsabilités humanitaires du pays envers les réfugiés.
Dés l’année suivante, le Canada accueille près de 70.000 boat-people vietnamiens, laotiens et cambodgiens. Mais le Canada va continuer de subir la pression internationale car, pendant que les Etats-Unis continuent de fermer leurs frontières, le Canada apparait comme un Eldorado pour les pays pauvres. Cette situation va aboutir à la crise du refuge.

 

 
10- La crise du refuge

 

Au début des années 1980, il sévit dans le monde une crise de refuge car les personnes fuient de plus en plus les zones de guerre, la famine, la pauvreté et le Haut Commissariat au Réfugiés des Nations-unis (HCR) estimait que le nombre de réfugiés potentiels était de 12 millions en 1987.
Au début des années 1980, le Canada va connaitre une grave crise créée par une inflation de demandes de statut de réfugiés : en 1980, le nombre de demandes est de 1600, il devient 3200 dés l’année suivante pour atteindre 18.300, en 1988.
Dés le premier janvier 1989, une nouvelle loi complexifie l’acquisition du statut de réfugié au Canada.

 

 
11- L’angoisse du berceau vide

 

A partir des années 1970, deux phénomènes vont forcer le Québec à adopter une politique d’immigration incitative :
 La faible fécondité des femmes en âge de procréer ;
 Le vieillissement de la population.
Mais malgré l’hostilité de la population qui traite les immigrants de «voleurs de jobs», l’immigration massive était nécessaire à la survie du Québec dans le long terme. Le Québec va, non seulement augmenter l’effectif des immigrants mais aussi diversifier les origines. Le résultat, c’est une population comportant plus d’une centaine de communauté. Cependant, si le Canada, pour intégrer sa population immigrée, choisit le multiculturalisme, le Québec, inquiet pour l’avenir de la langue française, va favoriser les immigrants francophones, notamment, les français, les algériens et les marocains.
C’est grâce à tous ces immigrants venus des 4 coins du monde que le Québec a pu survivre et atteindre le niveau qui est le sien aujourd’hui et on peut crier, sans risque de se tromper
 
« On est tous des immigrants !».

Auteur : 
Radouane Bnou‐nouçair
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