Maroc
Le 10/11/2015
Maroc : l’affaire Ben Barka a 50 ans mais le mystère de l’enlèvement demeure toujours
Maroc
Dès qu’on cite le nom de Ben Barka, beaucoup de marocains se raidissent car cela concerne une période floue dans le règne de Hassan II, un Roi cher leur cœur. Pourtant, il est difficile de fermer éternellement les yeux sur cette affaire.

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Le dossier est traité en 5 parties :
1--Qui est Mehdi Ben Barka?
2—En quoi consiste l’affaire Ben Barka?
3—Le complot et la disparition de Ben Barka?
4—Le piège de la brasserie Lipp
5—Les mystères non élucidés de l’affaire

 

1--Qui est Mehdi Ben Barka?

 
Mehdi Ben Barka est né en 1920 à Rabat. D’origine modeste, il est élevé dans une famille de l’ancienne Médina, au milieu de nombreux frères et sœurs, sept en l’occurrence. Enfant, il entre à l’école coranique à l’âge de cinq ans, il accompagne son frère aîné Brahim, de santé fragile. Mais lorsque Brahim est inscrit à l’école des fils de notables, Mehdi n’est pas admis; seul son frère aîné a pu obtenir ce privilège. .. . Poussé par son désir de s’instruire, Mehdi continue d’accompagner son frère aîné jusqu’à la porte de l’école, il reste assis sur le trottoir près de la fenêtre de la salle de classe, et tente de suivre le déroulement du cours.
Le «siège» durera trois mois avant que l’institutrice qui dirige l’école avec son mari ne le prenne dans sa classe et l’autorise à s’asseoir sur le banc placé au fond de la classe. Mais, par ses brillants résultats, fruits de son ardeur au travail, le jeune Mehdi confirme les présomptions favorables qu’il laissait entrevoir à la Médersa, il sera rapidement au premier rang, montrant d'étonnantes aptitudes à l'apprentissage. …
Élève brillant, Ben Barka va poursuivre ses études secondaires à Rabat au Lycée Moulay Youssef puis au Lycée Gouraud. Après deux années de classes préparatoires à Casablanca au Lycée Lyautey, ne pouvant aller à Paris à cause de l’occupation, il s’inscrit à la Faculté des sciences d’Alger où il fait des études supérieures de mathématiques. Alger est sans aucun doute une étape capitale dans la vie future de Mehdi. En effet, l’étudiant participe à diverses activités extra-universitaires qui révèlent déjà ses capacités d’organisation et de direction. Il devient vice-président de l’Association des Etudiants d’Afrique du Nord. Cette expérience algérienne inspire sans doute, son insistance sur la nécessaire coopération entre les peuples du Maghreb.
Ses études terminées, il revient au Maroc en 1943. Il est nommé à 23 ans, professeur au Lycée Gouraud, il enseigne les mathématiques. Parallèlement, il donne des cours au Collège Impérial où, parmi ses élèves, figure le Prince Héritier, le futur S.M le Roi Hassan II. Le jeune enseignant s’empare de ses nouvelles fonctions qu’il assumera avec une maîtrise peu commune pour un débutant.
Cette expérience ne durera que jusqu’en 1944, date à laquelle il est arrêté par les autorités du Protectorat et incarcéré à la prison Laâlou de Rabat, à la suite des manifestations résultant de la publication du Manifeste de l’Indépendance du 11 janvier 1944 (document revendiquant l’indépendance du Maroc), dont il est le plus jeune signataire.
Ben Barka s’était engagé très tôt dans le Mouvement national ; dès 1934, à quatorze ans, il adhère au Comité d’action marocaine (CAM) premier mouvement à s’élever contre le colonialisme français. Le CAM deviendra par la suite le Parti national, puis le Parti de l’Istiqlal.
A sa sortie de prison, il entre au secrétariat administratif du comité exécutif du Parti de l’istiqlal et intègre par la suite ce même comité. Il devient très vite l’animateur le plus dynamique du parti. Il est de ce fait considéré par le général Juin comme «le plus dangereux adversaire de la présence française au Maroc», ce qui lui vaut d’être arrêté le 28 février 1951 et déporté dans le Sud marocain. Durant son «exil», Mehdi poursuit ses activités. Il garde le contact avec ses camarades, approfondit sa formation en lisant énormément, et contribue à l’implantation du Mouvement national dans les régions où il est assigné à résidence.
Libéré en octobre 1954, il s’attache alors à coordonner les activités de l’aile politique du Mouvement national avec les forces de la résistance armée (résistance urbaine et Armée de libération) qui se sont développées depuis 1952. Mehdi Ben Barka joue un rôle majeur dans le processus qui doit aboutir à l’Indépendance du Maroc. Au mois d’août 1955, il est membre de la délégation du Parti de l’Istiqlal à la Conférence d’Aix-les-Bains qui doit préparer le retour d’exil de S.M le Roi Mohammed V et jeter les bases de l’Indépendance marocaine. Le Protectorat prend fin le 2 mars 1956.
En novembre 1956, il est nommé président de l’Assemblée nationale consultative, mise en place après l’Indépendance. Jusqu’à sa dissolution en 1959, il s’efforcera de faire de cette institution, qui n’a aucun caractère délibératif, un lieu de débat, un cadre d’apprentissage de la démocratie. Il est qualifié de véritable «dynamo» du Maroc nouveau. Ben Barka comprend rapidement que l’indépendance ne peut avoir de signification réelle que si la souveraineté et l’initiative du peuple deviennent le fondement même des nouvelles institutions du pays.
En 1957, il assure la direction de l’hebdomadaire «Al Istiqlal», rédigé en langue française. Le journal devient politiquement l’organe de l’aile progressiste du parti de l’lstiqlal.
Durant l’été 1957, Ben Barka lance, avec succès, une extraordinaire expérience de service civique social, «La Route de l’Unité», grâce à laquelle douze mille volontaires, de toutes confessions religieuses, venus de toutes les régions du pays, combinant travail sur le chantier, activités éducatives et récréatives, construisent soixante kilomètres d’une voie nouvelle. Ce projet symbolise l’unification réelle du Maroc en reliant deux villes, l’une dans l’ancienne zone française et l’autre dans la zone espagnole.
Pour Mehdi Ben Barka, cette réalisation «(…) devait surtout servir de stimulant pour d’autres entreprises semblables, soit à l’échelon local, soit à l’échelle nationale. Il s’agissait de faire des volontaires qui ont partagé leur séjour d’un mois sur la Route entre le travail et la formation civique, de véritables citoyens militants (…) nous construisons la route et la route nous construit», disait-il.
… Le 6 septembre 1959 à Casablanca, au Congrès constitutif de l’Union nationale des forces populaires dont la revendication fondamentale est la nécessité de la mise en place d’une Assemblée constituante pour doter le Maroc d’une Constitution démocratique. Jusqu’à sa disparition, Mehdi Ben Barka restera l’un des principaux responsables de ce mouvement. C’est à partir de 1960 que la personnalité de Mehdi Ben Barka s’est affirmée sur le plan international. Contraint à un premier exil de janvier 1960 à mai 1962, durant lequel il s’attache à faire connaître les luttes du peuple marocain, et à approfondir les liens d’amitié et de solidarité avec les forces progressistes et les différents mouvements de libération nationale dans le monde, il devient en janvier 1960, membre du Comité exécutif de la Conférence des peuples africains et de l’Organisation de solidarité des peuples afro-asiatiques (O.S.P.A.A).
Le 16 mai I962, Ben Barka revient au Maroc pour participer au deuxième congrès de l’U.N.F.P., il reçoit un accueil triomphal des populations. Son rapport intitulé «Option révolutionnaire au Maroc» ne sera toutefois pas adopté par le secrétariat du parti et ne sera publié qu’après son enlèvement.
Le 15 novembre 1962, il est victime d’un attentat, camouflé en accident de voiture, provoqué par la police, sur la route entre Rabat et Casablanca. Il en échappe miraculeusement, mais garde des séquelles, au niveau des vertèbres cervicales. C’était pendant la campagne référendaire sur la Constitution octroyée par le pouvoir, que l’U.N.F.P. appelait à boycotter.
Le 2 mai 1963, l’U.N.F.P décide de participer aux élections législatives. Mehdi Ben Barka est candidat à Yacoub El Mansour, quartier populaire de Rabat. Il est élu avec 95% des voix. Malgré les trucages, l’opposition remporte la plupart des sièges des grandes villes. Quelques mois plus tard, au moment de la campagne massive d’enlèvements et d’arrestations au sein de l’U.N.F.P, Mehdi Ben Barka est en mission de conciliation entre Nasser et le parti Baath syrien. Il est contraint de rester à l’étranger, un nouvel exil qui va durer jusqu’à sa disparition.
En 1963, un tribunal militaire marocain le condamne à mort par contumace en raison de sa position à côté du peuple algérien et contre la guerre des sables entre le Maroc et l’Algérie. En 1964, il est condamné par contumace une deuxième fois lors du procès dit du «complot de juillet 1963».
De l’étranger, Mehdi Ben Barka contribue avec efficacité et constance à faire connaître la réalité et les problèmes des pays colonisés et ceux des pays nouvellement indépendants. Il joue un rôle de premier plan dans la dénonciation de la nature des nouvelles orientations de l’impérialisme dans le tiers-monde en général, et des visées du néo-colonialisme sur le continent africain en particulier, favorisant ainsi le développement des luttes de libération nationale et la solidarité des peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine.
En mai 1965, au congrès de l’O.S.P.A.A. au Ghana, Ben Barka est élu président du Comité préparatoire de la Conférence internationale des peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine (appelée aussi la Tricontinentale) qui devait se tenir en janvier 1966 à La Havane. Il définit les objectifs, parmi lesquels l’aide aux Mouvements de libération et à Cuba soumis à l’embargo américain, la liquidation des bases militaires étrangères et la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud… Le 9 août 1965, il assiste à Nagasaki à une conférence mondiale contre la bombe atomique. Il y prononce un discours contre la guerre du Vietnam, appelant au renforcement de la solidarité des forces révolutionnaires.
Ben Barka a échappé à plusieurs tentatives d’assassinats organisés à l’étranger par les services de police marocains. Le 29 octobre 1965 à midi, il est interpellé devant la Brasserie Lipp, boulevard Saint-Germain à Paris, par deux policiers français et conduit dans une villa de Fontenay-le-Vicomte dans l'Essonne. Il n'est plus réapparu, son corps ne sera jamais retrouvé.
 

2—En quoi consiste l’affaire Ben Barka?

 

Octobre 1965. Le général de Gaulle achève son premier mandat de premier président de la Vème République. Au Maroc règne Feu S.M Hassan II, qui a succédé en 1961 à son père, S.M Mohammed V. Il s’appuie sur un homme à poigne, ministre de l’Intérieur et directeur de la sûreté, le général Mohammed Oufkir. Un ancien officier de l’armée française. Or, l’ennemi intime de Mohammed Oufkir s’appelle Mehdi Ben Barka. Issu d’une famille modeste, il est devenu, après des études brillantes, professeur de mathématiques au Collège Impérial, où il a eu comme élève le Prince héritier Moulay Hassan, futur S.M Hassan II. En 1959, il a fondé l’Union nationale des forces populaires (UNFP). Mis en cause en 1963 dans le “complot de juillet” qui a permis au pouvoir de décapiter ce parti, assimilé à un mouvement subversif, Ben Barka, absent, a été condamné à mort par contumace en mars 1964.
 

3—Le complot et la disparition de Ben Barka?

 

C’est alors que va se nouer la trame qui, pour cet exilé, deviendra vite mortelle.
Premier temps : le 13 avril 1965, S.M Hassan II proclame une amnistie générale. A des représentants de l’UNFP, il affirme son intention de confier des responsabilités politiques à Ben Barka. Deuxième temps : le beau-frère du Souverain, le prince Moulay Ali, rencontre Ben Barka à Francfort. Le chef de l’UNFP fait connaître ses exigences : un programme de gouvernement de deux ans, des garanties concernant sa sécurité personnelle. Et le limogeage du général Oufkir. Celui-ci, dont on ne parviendra pas à savoir s’il a outrepassé les instructions du Souverain ou s’il a obéi au désir le plus secret du monarque, engage dès lors une course-poursuite dont l’aboutissement sera la liquidation pure et simple de Ben Barka.
Ce dernier semble décidé à rentrer au pays. Une hypothèse inacceptable pour Oufkir, qui connaît le prix demandé pour ce retour. Au même moment, les ennemis de Ben Barka se multiplient. En effet, celui-ci est attendu en janvier 1966 à La Havane, à la conférence dite tricontinentale dirigée contre l’Occident capitaliste, les Etats-Unis en particulier. Pour les services spéciaux américains avec lesquels le général Oufkir entretient les meilleures relations, le nom de Ben Barka s’inscrit désormais sur la liste des hommes à abattre.
Intervient alors un pisteur nommé Larbi Chtouki, adjoint direct du commandant Ahmed Dlimi, lui-même bras droit du général Oufkir. Chtouki cherche à organiser le piège dans lequel tombera le leader de l’opposition marocaine. Le hasard va le servir en la personne de Georges Figon : un individu trouble qui fréquente assidûment les bars de Saint-Germain-des-Près et entretient des relations avec des intellectuels comme Marguerite Duras, fascinée par son personnage de révolté, et avec des truands.
 

4—Le piège de la brasserie Lipp

 

Par l’un de ces truands, Georges Boucheseiche, patron de maisons closes au Maroc, Figon apprend le dessein des autorités marocaines concernant Ben Barka et, dans un but lucratif, s’offre comme intermédiaire. Comment attirer Ben Barka à Paris ? Figon s’y emploie par le truchement d’un journaliste, Philippe Bernier – encore une relation de bar –, qui connaît bien l’exilé. L’appât, ce sera un projet de film sur la décolonisation, réalisé par le cinéaste Georges Franju, avec des dialogues de Marguerite Duras. Il faudrait faire vite, de manière à présenter ce film à la conférence tricontinentale, en janvier suivant.
Ben Barka va mordre à l’hameçon. Rendez-vous est pris pour le vendredi 29 octobre 1965 à la Brasserie Lipp. Ben Barka, qu’accompagne un jeune professeur d’histoire marocain, Thami Azemmouri, doit y rencontrer Franju, Figon et Bernier pour discuter du film dont le titre a déjà été trouvé : Basta!
La rencontre n’aura jamais lieu. Sur le trottoir, Ben Barka est interpellé par deux policiers. Au vu de leur carte professionnelle, il accepte de les accompagner. On ne le reverra plus.
 

5—Les mystères non élucidés de l’affaire

 

Ainsi, en ce mois d’octobre 1965, tous les acteurs de la tragédie sont en place. Les uns parfaitement informés du “service” qui leur est demandé, les autres plus ou moins manipulés. Que s’est-il alors passé exactement? Que serait-il advenu du cadavre? A-t-il été transporté, comme on le dira, dans une malle au Maroc et dissous dans un bain d’acide? Les enquêtes consécutives à l’enlèvement ne pourront rien prouver.
L’enquête et deux procès en cour d’assises ne permettront pas, non plus, de faire la lumière sur l’affaire.
--------------Source : www.libe.ma, jeudi 29 oct. 2015

Auteur : 
Radouane Bnou‐nouçair
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